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CHAPITRE XIII. Comment on devient sorcier - Prestidigitation
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CHAPITRE XIII. Comment on devient sorcier

  • PROJETS DE RÉFORME.
  • CONSTRUCTION D’UN THÉATRE AU PALAIS-ROYAL.
  • FORMALITÉS.
  • RÉPÉTITION GÉNÉRALE.
  • SINGULIER EFFET DE MA SÉANCE.
  • LE PLUS GRAND ET LE PLUS PETIT THÉATRE DE PARIS.
  • TRIBULATIONS.
  • PREMIÈRE REPRÉSENTATION.
  • PANIQUE.
  • DÉCOURAGEMENT.
  • UN PROPHÈTE FAILLIBLE.
  • RÉHABILITATION.
  • SUCCÈS.

Il pourrait sembler étrange de me voir passer tour-à-tour de mes travaux en mécanique à mes
études sur la prestidigitation. Mais si l’on veut bien réfléchir que ces deux sciences devaient
concourir au succès de mes séances, on comprendra facilement que je leur portais un même degré
d’affection, et qu’après avoir parlé de l’une je parle de l’autre. Les préoccupations de l’exposition ne
me faisaient point oublier mes projets de théâtre.
Les instruments destinés à mes futures représentations étaient sur le point d’être terminés, car je
n’avais jamais cessé d’y travailler. Je me trouvais donc en mesure de commencer mes séances
aussitôt que l’occasion s’en présenterait. En attendant, je m’occupais à noter les diverses
modifications que je me proposais d’apporter à un grand nombre d’idées reçues parmi mes
devanciers en escamotage.
Ma séance devait avoir deux caractères bien distincts: l’adresse et la mécanique, représentées
par des automates et de la prestidigitation. L’une devait aider au charme de l’autre en délassant
l’esprit par une agréable variété.
Me rappelant les principes de Torrini, je rêvais une scène élégante et simple, dégagée de ces
innombrables instruments en tôle vernie, dont l’assemblage nommé Pallas par les escamoteurs,
ressemble plutôt à une boutique de bimbeloterie qu’à un cabinet de Physicien.
Plus de ces énormes couvercles en métal sous lesquels se mettent les objets que l’on veut faire
disparaître et dont les secrètes fonctions ne peuvent échapper à l’imagination même la plus naïve.
Des appareils en cristal opaque ou transparent, selon le besoin, devaient suffire pour toutes mes
opérations.
Je voulais, dans l’exécution de mes tours, supprimer l’usage des boîtes à double fond, dont
quelques escamoteurs avaient fait un si grand abus, ainsi que des instruments destinés à donner le
change sur l’adresse de l’opérateur.
La véritable prestidigitation ne doit pas être l’oeuvre d’un ferblantier, mais celle de l’artiste luimême;
on ne vient pas chez ce dernier dans le but de voir fonctionner des instruments.
On doit penser, d’après le blâme que j’ai porté sur les compères, que j’en supprimai
complètement l’usage. J’ai toujours considéré cette tricherie comme peu digne d’un prestidigitateur,
car elle fait douter de son adresse. D’ailleurs, j’avais plusieurs fois servi moi-même de compère, et
je me rappelais l’impression défavorable que cet emploi m’avait laissé sur le talent de mon
partenaire.
Des becs de gaz recouverts de globes dépolis devaient remplacer sur ma scène ces myriades de
bougies ou de cierges, dont l’éclat n’a d’autre résultat que d’éblouir les spectateurs et de nuire ainsi à
l’effet des expériences.
Parmi les réformes que je devais apporter sur la scène, la plus importante de toutes était la
suppression de ces longs tapis de table tombant jusqu’à terre, sous lesquels on a toujours supposé,
avec quelque raison, un auxiliaire pour les tours d’adresse. Ces immenses boîtes à compère devaient
être remplacées par des consoles en bois doré, genre Louis XV.
Je m’abstenais, bien entendu, de tout costume excentrique.
Il n’est jamais entré dans mes idées de rien changer aux vêtement que le bon goût impose, et j’ai
toujours pensé que les accoutrements bizarres, loin d’attirer aucune considération à celui qui les
porte, jettent au contraire sur lui de la défaveur.
Je m’étais tracé aussi pour mes représentations une ligne de conduite dont je ne me suis du reste
jamais écarté: c’était de ne faire ni calembourgs, ni jeux de mots, et encore moins de me permettre
aucune mystification, dussé-je être sûr d’en obtenir le plus grand succès.
Je voulais, enfin, présenter des expériences nouvelles dégagées de tout charlatanisme, et sans
autres ressources que celles que peuvent offrir l’adresse des mains et l’influence des illusions.
C’était, on le voit, une régénération complète des séances de prestidigitation.
Mais le public accepterait-il ces importantes réformes? se contenterait-il de cette élégante
simplicité? Là était mon inquiétude.
Il est vrai que j’étais encouragé dans cette voie de réformes par Antonio, le confident habituel de
mes plans et de mes pensées.
—Ne vous inquiétez pas du succès, me disait-il, n’avez-vous pas pour vous encourager des
précédents qui attestent le bon goût du public et sa facilité à accepter les réformes basées sur la
raison?
Rappelez-vous Talma, apparaissant tout-à-coup sur la scène du Théâtre-Français, revêtu de la
simple toge antique, alors qu’on jouait les tragédies en habit de soie, en perruque à poudre et en
talons rouges.
Je me rendais à ce raisonnement, sans reconnaître toutefois la justesse de la comparaison. En
effet, Talma pouvait imposer son goût au public par l’autorité de son talent et de sa réputation; tandis
que moi, qui n’avais encore aucun grade dans la hiérarchie des adeptes de la magie, je tremblais de
voir mes innovations mal accueillies.
Nous étions au mois de décembre de l’année 1844. N’ayant plus rien qui pût désormais
m’arrêter, je me décidai à frapper le grand coup, c’est-à-dire qu’un matin je sortis, bien déterminé à
chercher enfin l’emplacement de mon théâtre.
Je passai la journée entière le nez au vent, tâchant de trouver un endroit qui réunît à la fois les
convenances de quartier, les chances de recettes et beaucoup d’autres avantages. Je m’arrêtais de
préférence aux plus beaux emplacements, devant les plus belles maisons, mais je ne rencontrais rien
qui me satisfît complètement.
Au bout de recherches, j’en vins à rabattre singulièrement de mes prétentions et de mes
exigences. Ici c’était un prix fabuleux pour un local qui ne me convenait qu’à moitié; là, des
propriétaires qui ne voulaient pour aucun prix une salle de spectacle dans leurs maisons; enfin partout
des obstacles et des impossibilités.
Je courus ainsi tout Paris, pendant quinze jours, passant alternativement des plus vastes aux plus
modestes demeures, et je finis par me convaincre que le sort s’était décidément déclaré contre mes
projets.
Antonio me tira d’affaire. Ce brave ami, qui avait bien voulu s’occuper de ces recherches, vint
m’annoncer qu’il avait trouvé pour moi, dans le Palais-Royal, un appartement pouvant être facilement
converti en salle de spectacle.
Je me rendis aussitôt au numéro 164 de la galerie de Valois, où je trouvai, en effet, réunies toutes
les conditions que j’avais si longtemps cherchées ailleurs.
Le propriétaire de cette maison rêvait vainement, depuis longtemps aussi, un locataire bénévole
qui, tout en lui payant un prix exorbitant pour son appartement, y entrât sans demander aucune
réparation. Que l’on juge si je fus bien accueilli, lorsque j’accordai non-seulement le prix qui m’était
demandé, mais que je passai en outre par toutes les exigences d’impositions, de portes et fenêtres, de
concierge, etc. J’aurais donné bien plus encore, tant j’avais peur que cette maison si désirée ne vînt à
m’échapper.
Le marché une fois conclu, je m’adressai à un architecte, qui ne tarda pas à me présenter le plan
d’une charmante petite salle que j’adoptai immédiatement. Quelques jours après on se mit à l’oeuvre;
les cloisons furent abattues, le terrain fut débarrassé et les charpentiers commencèrent l’érection de
mon théâtre. Il devait contenir de cent quatre-vingts à deux cents personnes.
Quoique petite, cette salle était tout ce qu’il fallait pour mon genre de spectacle. En supposant,
d’après mon fameux calcul de supputations, qu’elle fût constamment pleine, son exploitation devenait
pour moi une excellente affaire.
Antonio, toujours plein de zèle pour mes intérêts, rendait des visites assidues à mes ouvriers et
stimulait leur activité.
Un jour, mon ami fut frappé d’une idée subite:
—Ah çà, me dit-il, avez-vous pensé à demander à la préfecture de police la permission de
construire votre théâtre?
—Pas encore, répondis-je, avec tranquillité. On ne peut me la refuser, puisque cette construction
ne change rien aux dispositions architecturales de la maison.
—C’est possible, ajouta Antonio, mais à votre place je ferais immédiatement cette démarche,
afin de n’avoir pas plus tard quelque difficulté à redouter de ce côté.
Je suivis son conseil, et nous nous rendîmes ensemble au bureau de M. X….. qui avait alors la
direction des affaires théâtrales.
Après une heure d’antichambre, nous fûmes introduits devant le chef de bureau. Celui-ci, absorbé
en ce moment par une lecture intéressante, ne sembla pas même s’apercevoir de notre présence.
Au bout de dix minutes cependant, M. X…. posa lentement son livre, ouvrit et ferma quelques
tiroirs, sonna le garçon de bureau, donna des ordres, releva ses lunettes, et nous fit signe qu’il était
disposé à écouter une phrase que j’avais déjà commencée deux ou trois fois, sans pouvoir la finir.
Cet impertinent sans-façon me faisait bouillir le sang; pourtant, je dis aussi poliment que me le
permettait le dépit: Je viens, Monsieur, vous demander l’autorisation d’ouvrir, dans un des bâtiments
du Palais-Royal, une salle de spectacle destinée à des séances de prestidigitation et à l’exposition de
pièces mécaniques.
—Monsieur, me répondit assez sèchement le chef de bureau, si c’est le Palais-Royal que vous
avez choisi pour l’emplacement de votre salle, je puis vous annoncer que vous n’obtiendrez pas la
permission.
—Pourquoi cela, Monsieur? demandai-je tout consterné.
—Parce qu’une décision ministérielle s’oppose à ce qu’aucun nouvel établissement se forme
dans cette enceinte.
—Mais, Monsieur, pensez donc que rien ne me faisant connaître cette décision, j’ai loué un
appartement pour un long bail et que mon théâtre est ce moment en voie de construction. C’est ma
ruine que ce refus d’autorisation; voyons, que voulez-vous que je fasse maintenant?
—Ce n’est point mon affaire, répliqua dédaigneusement le bureaucrate, je ne suis pas
entrepreneur de spectacle. Sur ce, M. X….., suivant la méthode employée par MM. les avocats et
médecins pour annoncer qu’une consultation est terminée, se leva, nous reconduisit jusqu’à la porte
et, tournant lui-même le bouton, nous indiqua clairement ce qui nous restait à faire.
Aussi désespérés l’un que l’autre, nous restâmes, Antonio et moi, plus d’une heure à la porte de
la préfecture de police, nous creusant vainement la tête pour sortir de ce pas critique. Malgré nos
raisonnements, nous arrivions toujours à cette conclusion désolante, que nous n’avions d’autre parti à
prendre que d’arrêter les travaux de construction, et chose plus désolante encore, d’entrer en
composition avec le propriétaire B…. pour la résiliation de mon bail.
C’était ma ruine, Antonio le comprenait comme moi et ne pouvait s’en consoler.
—Eh mais! fit-il tout-à-coup en se frappant le front…. une idée…. Dites-moi: à l’époque de
l’exposition dernière, n’avez-vous pas vendu une pendule mystérieuse à un banquier, M. Benjamin
Delessert?
—En effet, mais quel rapport peut-il y avoir entre….
—Comment, vous ne comprenez pas? M. Delessert est frère du préfet de police. Allez le voir, on
le dit excellent; peut-être vous donnera-t-il un bon conseil et même mieux que cela. S’il voulait parler
à son frère en votre faveur, nous serions sauvés, car M. Gabriel Delessert est tout puissant en affaire
de théâtre.
J’adoptai avec transport le conseil d’Antonio et je le mis tout de suite à exécution.
M. Benjamin Delessert me reçut avec bonté, me complimenta sur ma pendule, dont il était très
satisfait, et me fit visiter sa magnifique galerie de tableaux, où elle se trouvait placée.
Enhardi par ce bienveillant accueil, je lui fis part de l’embarras où je me trouvais.
—Allons, Monsieur Robert-Houdin, me dit-il, consolez-vous; nous pourrons peut-être arranger
cette affaire. Précisément je donne une grande soirée mercredi prochain, et mon frère doit y assister.
Faites-moi le plaisir d’y venir également; vous nous donnerez une petite séance de vos tours
d’adresse, et lorsque M. le Préfet vous aura apprécié, je lui parlerai de votre affaire avec tout
l’intérêt que je vous porte.
Le mercredi, je me rendis chez mon nouveau protecteur, qui eut la bonté de me présenter à
quelques-uns de ses invités, en faisant, de confiance, un grand éloge de mes talents en
prestidigitation. Du reste, ma séance eut lieu, et si je dois en juger par les félicitations que je reçus, je
puis dire qu’elle justifia ces compliments anticipés.
Huit jours s’étaient à peine écoulés depuis cette soirée, que je reçus du Préfet de police une
invitation de passer à son cabinet. Je m’y rendis en toute hâte, et M. Gabriel Delessert m’annonça
que, grâce à l’insistance qu’il y avait mise, il était parvenu à faire revenir le ministre sur sa décision.
«Vous pouvez donc maintenant, ajouta-t-il, aller prendre votre permission dans les bureaux de M.
X…, où elle a été déposée pour quelques formalités.»
J’étais curieux de voir la réception qui me serait faite, lorsqu’au sortir du cabinet de son
supérieur, je courus chez le chef de bureau.
Cette fois, M. X…. se montra à mon égard d’une politesse si outrée, qu’elle compensait largement
les façons cavalières dont il avait usé lors de notre première entrevue. Loin de me laisser debout, il
m’eût offert volontiers deux chaises au lieu d’une, et lorsque je sortis de son cabinet, il m’accabla de
tous les égards que l’on doit à un homme protégé par un pouvoir supérieur. J’étais trop heureux pour
garder rancune à M. X…. de ses procédés; nous nous quittâmes donc parfaitement réconciliés.
Je fais maintenant grâce au lecteur des tribulations sans nombre qui signalèrent mon interminable
construction; les mécomptes de temps et d’argent dans ces sortes d’affaires sont choses trop
ordinaires pour qu’il en soit question ici.
Le terme de ces ennuis arriva, et ce fut avec le plus vif plaisir que je vis le dernier des ouvriers
disparaître pour ne plus revenir.
Nous étions alors au milieu du mois de juin; j’espérais débuter dans les premiers jours de juillet.
A cet effet, je hâtai mes préparatifs, car chaque jour était une perte énorme, attendu que je dépensais
beaucoup et que je ne gagnais rien.
Plusieurs fois en famille et devant Antonio, j’avais répété la mise en scène et le boniment de mes
expériences.
Quelques-uns de mes lecteurs ne comprennent peut-être pas le sens du mot boniment; je vais
l’expliquer.
Ce mot, tiré du vocabulaire des anciens escamoteurs, n’a pas d’équivalent dans la langue
française. Comment, en effet, exprimer ce que l’on dit en exécutant un tour? Ce n’est pas un discours,
encore moins un sermon, une narration, une description. Le boniment est tout simplement la fable
destinée à donner à chaque tour d’escamotage l’apparence de la vérité. Il m’arrivera quelquefois
encore, pour des raisons analogues à celle-ci, de me servir de mots techniques, mais j’aurai soin d’en
donner la signification.
J’avais donc déjà fait quelques répétitions partielles; je résolus d’en faire une qui précédât la
répétition générale. Comme je n’étais pas entièrement sûr de la réussite de mes expériences, je
n’invitai qu’une demi-douzaine d’amis intimes, qui devaient me donner leur avis avec la plus grande
sévérité. Cette séance fut fixée au 25 juin 1845.
Ce jour-là, je fis mes préparatifs avec autant de soin que si j’eusse dû, le soir même, faire mon
grand et solennel début. Je dis solennel, car il faut que je confesse que, depuis un mois environ,
j’étais possédé d’une panique anticipée, à laquelle je ne pouvais attribuer d’autre cause que mon
tempéramment excessivement nerveux et impressionnable.
Je passais mes nuits dans une complète insomnie; l’appétit m’avait entièrement abandonné, et ce
n’était qu’avec un serrement de coeur indéfinissable que je pensais à mes séances. Moi, qui
jusqu’alors avais traité si légèrement les représentations que je donnais devant mes amis; moi, qui
avais obtenu près des habitants d’Aubusson un véritable succès de début, je tremblais comme un
enfant.
C’est qu’autrefois je donnais mes séances devant des spectateurs toujours bienveillants, toujours
souriants ou toujours prêts à sourire; c’est qu’autrefois le plus ou moins de succès de mes
expériences n’entraînait aucune conséquence pour l’avenir. Maintenant, j’allais paraître devant un
véritable public, et je tremblais à la seule pensée
«De ce droit qu’à la porte il achète en entrant.»
Au jour indiqué, à huit heures précises, mes amis étant arrivés, le rideau se leva; je parus sur la
scène.
Une demi-douzaine de sourires accueillirent mon entrée; cela raffermit mon courage et me donna
même un certain aplomb.
La première de mes expériences fut présentée assez convenablement. Et pourtant le boniment
était bien mal su et surtout bien mal dit! Je le récitais à la façon d’un écolier qui cherche à se
rappeler sa leçon. La bienveillance de mes spectateurs m’était acquise, je continuai bravement.
Pour faire comprendre ce qui va suivre, il est bon de dire que, pendant la journée, des nuages
épais avaient concentré sur Paris une atmosphère lourde et étouffante. La brise du soir, loin
d’apporter de la fraîcheur, envoyait jusque dans l’intérieur des appartements des bouffées d’air
chaud, soufflées comme par un calorifère.
Or, j’en étais à peine arrivé au milieu de la première partie, que déjà deux de mes spectateurs
subissaient l’influence soporifique du temps et de mon boniment. J’excusais d’autant plus les deux
dormeurs que, moi-même, je sentais peu à peu s’appesantir mes paupières. N’ayant pas l’habitude de
dormir debout, je tenais bon.
Mais, on le sait, rien n’est contagieux comme le sommeil; aussi l’épidémie fit-elle de rapides
progrès. Au bout de quelques instants, le dernier des survivants laissa tomber sa tête sur sa poitrine
et compléta un sextuor, dont les ronflements, allant toujours crescendo, finirent par couvrir ma voix.
Cette situation était accablante. J’essayai, en parlant plus haut, de combattre l’engourdissement
de mes spectateurs; je ne réussis qu’à faire entr’ouvrir une ou deux paupières qui, après quelques
clignements ébahis, se refermèrent aussitôt.
Enfin la première partie de la séance se termina tant bien que mal; le rideau se baissa pour
l’entr’acte.
Avec quel plaisir je m’étendis dans un fauteuil pour goûter un instant de repos! Cinq minutes
devaient me suffire; je me les accordai d’autant mieux, qu’il ne me fut pas possible de faire
autrement, car je m’endormis aussitôt.
Mon fils, qui me servait en scène, n’avait pas attendu jusque-là: il s’était, sans plus de façon,
étendu sur le tapis et dormait d’un profond sommeil, tandis que ma femme, énergique et courageuse,
luttant contre l’ennemi commun, veillait près de moi, et dans sa tendre sollicitude, se gardait bien de
troubler un repos qui m’était si nécessaire. D’ailleurs elle avait regardé par le trou du rideau, et nos
spectateurs lui semblaient si heureux, qu’elle ne voyait aucune difficulté à prolonger leur béatitude.
Mais insensiblement ses forces trahirent son courage, et ne pouvant résister à l’attrait de se joindre au
choeur général, elle s’endormit à son tour.
De son côté, le pianiste, qui formait à lui seul mon orchestre, ayant vu le rideau baissé et le plus
grand silence régner sur ma scène, pensa que ma représentation était terminée et se décida à partir.
Or, le concierge avait pour consigne de fermer le robinet général du gaz lorsqu’il verrait
descendre le pianiste. Ce départ devait lui annoncer que la représentation était finie. Mon employé,
voulant montrer son exactitude au début de son service, se hâta d’obéir à mes injonctions, et il
plongea la salle dans la plus complète obscurité.
Il y avait environ deux heures que nous jouissions de ce bienfaisant sommeil, lorsque je fus
réveillé en sursaut par un bruit confus de voix et de réclamations. Je me frotte aussitôt les yeux et
cherche où je suis. Ne voyant rien, la frayeur me saisit au milieu de cette profonde obscurité. «Suis-je
donc aveugle? m’écriai-je tout ému, je n’y vois plus!»
—Eh! parbleu, nous n’y voyons pas non plus! s’écrie une voix que je reconnais pour être celle
d’Antonio. De grâce, donnez-nous de la lumière!
—Oui, oui, de la lumière! répétèrent en choeur nos cinq autres spectateurs.
Chacun de nous fut bientôt sur pied; le rideau qui nous séparait des réclamants fut levé, puis,
ayant allumé des bougies, nous vîmes cinq de nos dormeurs qui se frottaient les yeux et cherchaient à
se reconnaître, tandis que le pauvre Antonio sortait en maugréant des stalles, sous lesquelles il était
tombé pendant son sommeil.
Tout s’expliqua alors; on rit beaucoup de l’aventure et l’on se sépara en remettant la partie à une
autre fois.
Du 25 juin au 1er juillet, époque fixée pour ma première représentation, il n’y avait que cinq
jours. A quiconque sait ce que sont les préparatifs d’une première représentation, et surtout ceux,
beaucoup plus importants encore, de l’ouverture d’un théâtre, ce laps de temps devra sembler bien
court, car il reste toujours tant à faire dans les derniers moments! Aussi le 1er juillet était arrivé que
je n’étais point en mesure de jouer. Ce ne fut que trois jours après qu’eut lieu l’ouverture depuis si
longtemps annoncée.
Ce jour-là, par une coïncidence bizarre, l’Hippodrome et les Soirées fantastiques de Robert-
Houdin, la plus grande et la plus petite scène de Paris, faisaient leur début.
Le 3 juillet 1845, on vit placardées sur les murs de la capitale deux affiches: l’une énorme,
c’était celle de l’Hippodrome; l’autre, beaucoup plus modeste, annonçait mes représentations. Ainsi
que dans la fable du chêne et du roseau, le grand théâtre, malgré l’habileté de ses administrateurs, a
subi de nombreuses péripéties de fortune; le petit a joui constamment de la faveur publique.
J’ai religieusement conservé une épreuve de cette première affiche, dont le format et la couleur
sont, du reste, invariablement restés les mêmes depuis cette époque.
Je la copie textuellement ici, tant pour donner une idée de la simplicité de sa rédaction, que pour
rappeler le programme des expériences que j’offrais alors à la curiosité publique:

roberth houdin 1845

J’ai déjà expliqué plus haut les effets de quelques-unes des pièces mécaniques portées sur ce
programme, c’est-à-dire la Pendule cabalistique, Auriol et Debureau, le Pâtissier du Palais-Royal
et l’Oranger. Ce que je n’ai point expliqué, c’est le boniment dont la présentation de chaque pièce
est accompagnée et qui donne lieu à une série de tours d’escamotage de la plus grande difficulté.
Pour mieux s’en rendre compte, je renverrai le lecteur à la fin de cet ouvrage, où j’ai placé la
description de toutes mes expériences, afin que mon récit n’en fût pas interrompu.
Le jour de ma première représentation était enfin arrivé. Dire comment je passai cette mémorable
journée serait chose impossible: tout ce que je me rappelle, c’est qu’à la suite d’une insomnie
fiévreuse, causée par la multiplicité de mes occupations, je dus tout organiser, tout prévoir, car j’étais
à la fois directeur, machiniste, auteur et acteur. Quelle effrayante responsabilité pour un pauvre
artiste, dont la vie s’était passée jusque-là devant ses outils!
A sept heures du soir, mille choses me restaient encore à faire, mais j’étais dans un état de
surexcitation qui doublait mes forces et mon énergie; je vins à bout de tout.
Huit heures sonnèrent et retentirent dans mon coeur comme la dernière heure du condamné;
jamais, à aucune époque de ma vie, je n’éprouvai pareille émotion, pareille torture. Ah! si j’avais pu
reculer! s’il m’avait été possible de fuir, d’abandonner cette position que j’avais si longtemps
désirée, avec quel bonheur je me serais remis à mes paisibles travaux! Et pourtant, pourquoi cette
folle terreur? Je ne saurais le dire; car les trois quarts de ma salle étaient occupés par des personnes
sur l’indulgence desquelles je pouvais compter.
Je fis un dernier effort sur ma pusillanimité.
—Allons, me dis-je, du courage! je joue ici mon nom, ma fortune, l’avenir de ma famille; du
courage!
Cette pensée me ranima; je passai à plusieurs reprises la main sur mes traits contractés, je fis
lever le rideau, et, sans réfléchir davantage, je m’avançai résolument sur la scène.
Mes amis, qui n’ignoraient pas mes souffrances, me saluèrent de quelques bravos.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Cet accueil bienveillant me rendit la confiance et, ainsi qu’une douce rosée, rafraîchit mon esprit
et mes sens; je commençai.
Prétendre que je m’en acquittai passablement, serait faire preuve d’amour-propre, et je serais
pourtant bien excusable, car à chaque instant je recevais des spectateurs de nombreuses marques
d’approbation. Comment distinguer les applaudissements du public ami de ceux du public payant? Je
me faisais volontiers illusion, et mes expériences y gagnèrent.
La première partie était terminée; le rideau se baissa pour l’entr’acte. Ma femme vint aussitôt
m’embrasser avec effusion pour m’encourager et me remercier de mes courageux efforts.
Je puis l’avouer maintenant: je crus que seul j’avais été sévère envers moi, et qu’il était possible
que tous ces applaudissements fussent de bon aloi. Cette croyance me fit un bien extrême; et pourquoi
m’en cacherais-je? des larmes de bonheur vinrent humecter mes yeux, que je me hâtai d’essuyer, afin
que l’attendrissement ne nuisît pas aux apprêts de la seconde partie de ma séance.
Le rideau se leva de nouveau, et je m’approchai des spectateurs avec le sourire sur les lèvres. Je
jugeai de ce changement de ma physionomie par celle des spectateurs, car ils se mirent tout de suite à
l’unisson de ma belle humeur.
Combien de fois depuis n’ai-je pas constaté cette faculté imitative du public? Êtes-vous nerveux,
contrarié, mal disposé? votre figure porte-t-elle l’empreinte d’une impression fâcheuse? aussitôt
votre auditoire, imitant la contraction de vos traits, fronce le sourcil, devient sérieux et paraît peu
disposé à vous être favorable. Entrez en scène, au contraire, la face épanouie, les fronts les plus
sombres s’éclaircissent. Chacun semble dire à l’artiste: Bonjour un tel, ta figure me plaît; je n’attends
que l’occasion de t’applaudir. Tel semblait être en ce moment mon public.
L’enjouement m’était d’autant plus facile, que je commençai par mon expérience de prédilection,
le foulard aux surprises, macédoine de tours d’adresse. Après avoir emprunté un foulard, j’en faisais
successivement sortir une multitude d’objets de toute nature, tels que des bonbons, des plumets de
toute grandeur, jusqu’à celui de tambour-major, des éventails, des journaux comiques, et, pour
terminer, une énorme corbeille de fleurs, dont je distribuais les bouquets aux dames. Ce tour réussit
parfaitement; il est vrai que je le possédais au bout des doigts.
Je continuai par la présentation de l’oranger. J’avais lieu de compter sur ce tour, car dans mes
répétitions intimes c’était un de ceux dont je m’acquittais le mieux.
Je fis d’abord quelques escamotages qui lui servaient d’encadrement, et je m’en tirai à merveille.
Je pouvais donc croire que j’allais obtenir un véritable succès, lorsque tout à coup une pensée subite
me traversa l’esprit et vint paralyser complètement mes moyens. J’étais possédé d’une panique qu’il
faut avoir éprouvée pour la comprendre. Je vais tâcher de la rendre sensible par une comparaison.
Lorsqu’on commence à nager, le professeur vous fait cette recommandation importante: Ayez
confiance, et tout ira bien. Si l’on suit cet avis, on se soutient facilement sur l’eau, et il semble que ce
soit chose toute naturelle; alors on sait nager.
Mais il arrive parfois qu’une réflexion prompte comme l’éclair saisit votre esprit: Si les forces
allaient me manquer! se dit-on. Dès lors on précipite ses mouvements, la peur augmente, on redouble
de vitesse, l’eau ne soutient plus, on barbote, on s’enfonce, et si une main secourable ne vient à votre
secours, vous êtes perdu.
Telle était ma situation sur la scène; j’avais été subitement saisi de cette pensée: «Si j’allais me
tromper!» Et tout aussitôt, comme si j’étais sous l’action d’un ressort qui se détend, je commence à
parler vite, je redouble de vitesse tant j’ai hâte de finir, je me trouble, et comme le timide nageur, je
barbote sans pouvoir sortir du chaos de mes idées.
Oh! alors j’éprouve une torture, une angoisse que je ne saurais décrire, mais qui pourrait être
mortelle si elle se prolongeait.
Le public est froid et silencieux; mes amis auraient mauvaise grâce à applaudir; ils se taisent.
J’ose à peine regarder dans la salle, et mon expérience se termine sans que je sache comment.
Je passe à la suivante; mais mon système nerveux est monté à un degré d’irritabilité qui ne me
permet plus d’apprécier ce que je fais. Je sens seulement que je parle avec une volubilité
étourdissante, de sorte que les quatre derniers tours de ma séance se trouvent faits en quelques
minutes.
Le rideau se baissa fort heureusement: j’étais à bout de mes forces; un peu plus, et j’allais être
obligé de demander grâce.
De ma vie je ne passai une nuit aussi affreuse que celle qui suivit cette première séance. J’avais
la fièvre, on doit le comprendre; mais ce mal n’était rien en comparaison des souffrances morales
dont j’étais accablé. Je ne me sentais plus l’envie ni le courage de reparaître en scène, je voulais
vendre, céder, donner même au besoin un établissement dont l’exploitation était au-dessus de mes
forces.
—Non, me disais-je, je ne suis pas né pour cette vie d’émotions; je veux quitter cette atmosphère
brûlante du théâtre; je veux, au prix même d’un brillant avenir, retourner à mes douces et tranquilles
occupations.
Le matin, incapable de me lever, et du reste fermement résolu à en rester là de mes
représentations, je fis ôter l’affiche qui annonçait la séance du soir.
J’avais pris mon parti sur toutes les conséquences de cette résolution. Aussi, le sacrifice
accompli, je me trouvai beaucoup plus tranquille et je cédai même à l’impérieux besoin d’un
sommeil que je m’étais longtemps refusé.
Mais me voici enfin arrivé au moment où je vais laisser, pour n’y plus revenir, les tristes et
ennuyeux détails des nombreuses infortunes qui ont précédé mes représentations. On ne verra pas
sans quelque surprise à quelle futile circonstance je dus de sortir de ce découragement, qui me
semblait devoir durer toujours.
Personne n’ignore que les impressions éprouvées par les gens nerveux sont aussi vives que peu
durables, et j’ai déjà dit que mon tempéramment était éminemment impressionnable.
Le repos que j’avais pris dans la journée et que je goûtai dans la nuit qui suivit, rafraîchit mon
sang et mes idées. J’envisageai dès lors ma situation sous un aspect tout autre que la veille. Déjà
même je ne pensais plus à vendre mon théâtre, lorsqu’un de mes amis, ou soi-disant tel, vint me
rendre visite.
Après m’avoir exprimé ses regrets de la fin malheureuse de mes débuts, auxquels il assistait:
—Je suis entré te voir, me dit-il, parce que j’ai vu ton établissement fermé et que j’étais bien aise
de t’exprimer ma façon de penser à ce sujet. Je te dirai donc, pour te parler franchement (j’ai
remarqué que cette phrase dans un exorde est toujours suivie de quelques mauvais compliments que
l’on veut faire passer à la faveur d’une amicale franchise), je te dirai donc que tu as parfaitement
raison de quitter une profession au-dessus de tes forces, et que tu as sagement agi en prenant de bonne
grâce un parti auquel tu aurais été contraint tôt ou tard. Du reste, ajouta-t-il d’un air capable, je
l’avais bien prédit; j’ai toujours pensé que tu faisais une folie et que ton théâtre ne serait pas plus tôt
ouvert que tu serais obligé de le fermer.
Ces mauvais compliments, adressés sous le manteau d’une franchise apocryphe, me blessèrent
vivement. Il m’était facile de reconnaître que ce donneur d’avis, sacrifiant à son amour-propre la
faible affection qu’il avait pour moi, n’était venu me voir que pour faire étalage de sa perspicacité et
de la justesse de ses prévisions, dont il ne m’avait jamais dit un mot. Or, ce prophète infaillible, qui
prévoyait si bien les événements, était loin de se douter du changement qu’il opérait en moi. Plus il
parlait, plus il m’affermissait dans la résolution de continuer mes représentations.
—Qui te fait croire que mon établissement soit fermé? lui dis-je d’un ton qui n’avait rien
d’affectueux. Si je n’ai point joué hier c’est que, brisé par la fatigue que j’ai supportée depuis
quelque temps, j’ai voulu, mes débuts une fois terminés, me reposer au moins un jour. Tes prévisions
se trouveront donc fort en défaut, lorsque tu sauras que je joue ce soir même. J’espère, dans ma
seconde représentation, prendre une revanche devant le public, et cette fois, je serai jugé moins
sévèrement par lui que par toi. J’en ai l’assurance.
La conversation prenant cette tournure, ne pouvait longtemps se prolonger; mon donneur de
conseils, mécontent de ma réception, me quitta.
Je ne l’ai jamais revu depuis.
Je ne garde aucune rancune à cet ami. Au contraire, s’il lit ce récit, qu’il reçoive ici l’expression
de mes remercîments pour l’heureuse révolution qu’il a si promptement opérée en moi, en blessant au
vif mon amour-propre.
Des affiches furent aussitôt placardées pour annoncer la représentation du soir, et tout en
repassant dans mon imagination les endroits de ma séance où j’avais besoin d’apporter des
modifications, je fis tranquillement mes préparatifs.
Cette seconde séance marcha beaucoup mieux que je ne l’eusse espéré, le public se montra
satisfait. Malheureusement ce public était peu nombreux, et conséquemment la recette très faible.
Néanmoins, j’acceptai ce mécompte avec philosophie, car le succès que je venais d’obtenir me
donnait confiance en l’avenir.
Au reste, je ne tardai pas à avoir des sujets réels de consolation.
Les illustrations de la presse parisienne d’alors vinrent assister à mes représentations et
rendirent compte de mes expériences dans les termes les plus flatteurs.
Quelques chroniqueurs de journaux comiques firent aussi sur mes séances et sur moi-même des
allusions très plaisantes.
L’un d’eux, à cette époque collaborateur du Charivari, dont il possède aujourd’hui la direction,
me fit dans ce journal un article plein de gaîté, de verve et d’entrain, qu’il terminait par cette petite
pièce de vers:

Tous les Robert passés furent de grands coupables,
Tous portaient des surnoms de brigands ou de diables;
Mais celui de nos jours,
Celui qu’on appela le grand Robert-Macaire,
Fit croire par ses tours
Qu’on ne verrait jamais son pareil sur la terre.
Héritier de ce nom qui fut toujours fatal,
Un sorcier vient de naître!
Est-il né pour le bien? est-il né pour le mal?
Comment le reconnaître?
Ce qui semble certain,
C’est que Robert-Houdin
Veut de sa noble race
Continuer la trace,
Car il n’a qu’un seul but, un but bien arrêté,
C’est celui de voler…………. à la postérité.

Enfin, le journal l’Illustration, voulant aussi me témoigner sa sympathie, confia au talent
d’Eugène Forey le soin de reproduire ma scène.
Une telle publicité éveilla bientôt l’attention de l’élite de la société Parisienne; on vint voir mes
séances; on se donna rendez-vous à mon théâtre, et dès lors commença pour moi cette vogue qui ne
m’a jamais quitté depuis.

robert houdin 1845


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